La laïcité
Dans le contexte de l’Europe, la laïcité comme protection contre l’ingérence de la religion dans les affaires de l’État apparaît comme un thème crucial dans des temps relativement récents. Pour comprendre la genèse du problème, nous revenons rapidement sur les événements qui ont caractérisé la relation entre l’État et l’Église chrétienne dès les premiers siècles de l’ère chrétienne. De l’Empire romain qui reconnaît et donne une légitimité à la religion chrétienne, à l’inversion de la relation dès le Ve siècle au point que plus tard ce sera le pape à légitimer les empereurs du Saint Empire Romain. La relation des deux pouvoirs est complexe et conflictuelle et se désagrège progressivement sans pour autant perdre sa valeur symbolique jusqu’aux révolutions américaine et française qui mettent fin à toute interaction, définissant l’État et l’Église comme deux domaines autonomes et indépendants. Le pouvoir de l’État est désacralisé et n’a pas besoin d’une source légitimant externe : la laïcité est un pilier fondamental des sociétés démocratiques. Cependant, dans ce cadre largement accepté, on peut trouver au moins deux points problématiques. Tout d’abord, la complexité de nos sociétés multiethniques et multireligieuses. Il existe en effet des religions pour lesquelles il n’y a pas de réelle distinction entre l’État et la religion. Deuxièmement, l’éthique ou les éthiques d’inspiration religieuse – ainsi que les idéologies – font partie inextricablement de la vie politique. Par le biais des principes moraux et des idéologies, la religion rentre inévitablement dans l’arène politique et la laïcité n’apparaît pas comme un métacadre à l’abri de tout bouleversement possible.
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