Le déni du féminin chez Freud : évolution de ses positions

Par Jacques Sédat
Français

Le déni du féminin chez Freud ne se réduit pas à une théorie de la sexualité féminine ni à une hostilité envers les femmes : il prend racine dans une question plus archaïque, celle de l’origine, d’où je viens, sur quoi puis-je me fonder ? Qui travaille en sous-main toute l’élaboration freudienne. L’auteur en situe la matrice dans la relation à Fliess, où se noue un courant androphile préfigurant la logique du transfert, et dans le concept de bisexualité repris des Trois essais (1905) sous la notion de Geschlechtstrieb, pulsion de genre antérieure à tout objet, matrice préobjectale rattachée à la première séparation d’avec la mère, fondement identificatoire dont le défaut signe la psychose. L’étude traverse ensuite les théories sexuelles infantiles, lues comme défense contre la béance du Woher, d’où viennent les enfants ? Puis les figures mythiques convoquées par Freud (Diane d’Éphèse, dont l’épisode mortel d’Actéon est omis. La tête de Méduse, où l’horreur se double d’une affirmation virile), avant d’articuler le féminin à la jouissance comme risque de dissolution maternelle et à la pulsion de mort d’Au-delà du principe de plaisir, liée à la mort de Sophie Freud en 1920. La conclusion reprend le mot à Marie Bonaparte (Was will das Weib?) comme désignation du point où la théorie freudienne touche sa limite : le féminin devient le nom même de l’énigme de l’origine.

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  • Freud
  • bisexualité
  • pulsion de genre (Geschlechtstrieb)
  • théories sexuelles infantiles
  • origine
  • mythe (Diane/Méduse)
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  • jouissance
  • transfert
  • Fliess
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